27 Août 

 

La crise sanitaire de ces 18 derniers mois, et les confinements associés, ont incité un nombre croissant de personnes à (re)découvrir les joies du vélo. Publié en ligne le 8 avril dernier, le bilan de l’Observatoire du cycle confirme le constat : les ventes de bicyclettes atteignent des sommets. Avec 514 672 modèles vendus en 2020, le VAE – Vélo à assistance électrique – représente 19 % du marché cycliste, soit une augmentation de 29 % par rapport à 2019*.

 

Pratique, économique, le VAE s’impose comme une alternative efficace et accessible à tous pour voyager en 2 roues un peu partout, en ville comme à la campagne, en plaine comme en montagne. Pourquoi partir avec un vélo électrique ? Quel modèle choisir ? Comment organiser son itinérance en vélo motorisé ? On fait le point sur les avantages et les inconvénients de ce moyen particulier de locomotion, idéal pour en prendre plein les yeux sans (trop) mouiller le maillot !

 

Bref résumé à l’usage de ceux qui ont raté le virage médiatique du vélo à assistance électrique : les VAE ont l’aspect d’un vélo classique, à ceci près qu’ils sont dotés d’équipements supplémentaires. Ils disposent en effet d’une batterie et d’un moteur ainsi que d’une console de commande. L’objectif de cet équipement additionnel est d’aider le cycliste à pédaler et à franchir les pentes escarpées.

 

Placé en général dans le boîtier du pédalier ou à l’intérieur du moyeu de la roue, le moteur se déclenche lorsque vous appuyez sur les pédales, et s’arrête quand vous freinez. Selon la législation européenne, sa puissance est limitée à 250 W. La batterie, elle, se dissimule sous la selle, sur le porte-bagages ou la barre transversale du vélo. Elle se recharge grâce aux bornes électriques disponibles en ville ou sur une prise secteur. Son autonomie varie selon les modèles et c’est d’ailleurs là l’un des points d’achoppement pour choisir son vélo électrique. Pour voyager loin, on sait qu’il faut bien choisir sa monture. Avec un vélo électrique, cette assertion prend une autre dimension : en l’occurrence, il s’agit de choisir un modèle qui vous assurera une autonomie maximale.

 

Attention, on pédale ! Un vélo électrique n’est pas une mobylette, et il faut actionner le pédalier pour le faire avancer. Paresseux récurrents s’abstenir ! Les vélos à assistance électrique ont une vitesse maximum de 25 km/h. Au-delà, le moteur s’arrête automatiquement et vos mollets devront prendre le relais. Certains modèles frôlent le 35 km/h, à condition que vous pédaliez plus fort. C’est le cas, par exemple, du Extrbici RS600. Par contre, l’un des gros avantages de ce type d’engin est qu’il n’a pas besoin de plaque d’immatriculation ou carte grise et qu’il a le droit d’emprunter les voies cyclables. Autant dire que l’ensemble du réseau français, routes, pistes et sentiers, s’offre à vous !

 

10 conseils pour voyager avec un VAE

 

 

Si vous avez craqué pour le vélo à assistance électrique, il ne vous reste plus qu’à le tester en conditions, c’est-à-dire en vacances et en balade ; laquelle, comme toute randonnée qui se respecte, gagnera à être organisée à l’avance.

 

1. Bien choisir son VAE

 

Que ce soit pour un usage urbain ou en mode itinérance, le meilleur choix est le VTC à assistance électrique, qui s’adapte à toutes les distances et reste le plus confortable. Adepte de balade plus extrême ? Privilégiez le VTTAE, très polyvalent et qui passe partout. Préférez une technologie à moteur central, plus efficace pour rouler en montagne et adoptez une marque connue, capable d’assurer un service de dépannage un peu partout en France.

 

2. Faire confiance à un expert

 

Vous êtes déjà l’heureux possesseur d’un vélo électrique ? Avant de partir, confiez-le à un réparateur vélo pour une révision rapide, ou faites établir un diagnostic chez Decathlon pour savoir combien de temps vous pourrez rouler en moyenne avec votre batterie chargée. Une information capitale, pour déterminer votre itinéraire.

 

 

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3. Planifier son itinéraire

 

En tenant compte déjà de votre niveau. Débutant ? Préférez un itinéraire court de quelques jours, avec peu de kilomètres quotidiens. Le vélo électrique vous aide mais il ne fait pas tout, donc attention aux courbatures ! Si vous voyagez avec des enfants, pédalez le matin et prévoyez des activités pour eux et avec eux les après-midis, afin de ne pas les lasser. Intégrez, dans votre parcours, les détours et étapes nécessaires pour découvrir les multiples ressources (géographiques, patrimoniales, culinaires…) des territoires que vous traversez ; et vérifiez au passage qu’il existe suffisamment de bornes de recharge électrique sur le trajet pour vous épargner tout déboire.

 

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4. Privilégier des hébergements labellisés "Accueil Vélo"

 

En France, il existe plus de 3 000 prestataires labellisés Accueil Vélo (hébergements, restaurants, loueurs et réparateurs de cycles…) qui garantissent des équipements utiles aux cyclistes : abris sécurisés, bornes pour recharger les batteries, kits de réparation, mais aussi transfert des bagages… La liste n’est pas exhaustive. Pour trouver son ou ses interlocuteurs au fil d’une balade, le site www.francevelotourisme.com est l’une des solutions possibles.

 

5. Voyager léger

 

Le poids des bagages a une incidence directe sur la consommation de la batterie. Donc, cantonnez-vous au strict nécessaire (vêtements légers et peu encombrants, trousse de toilette, kit de réparation) bien rangé et équilibré dans les sacoches. Une bâche peut être utile pour se constituer un abri rapide en cas d’averse ou d’orage. Prévoyez aussi de l’eau et des barres de céréales pour pallier aux coups de pompe : même avec l’assistance électrique, pédaler reste un sport !

 

6. La sécurité avant tout !

 

Portez un casque et munissez-vous d’un kit élémentaire, contenant les outils nécessaires pour réparer un pneu crevé. Vérifiez les éclairages de votre vélo et portez des vêtements colorés. Le slogan « Bien voir, bien vu » est toujours d’actualité !

 

7. Surveiller le niveau de la batterie

 

C’est l’un des inconvénients du VAE, mais on voyage au rythme de sa batterie. En mode économique sur le plat et en descente, cette dernière passe en version « sport » ou « turbo » pour gravir les montées. Conservez l’assistance allumée même si vous n’en avez pas réellement besoin, pour éviter une augmentation trop sensible de la consommation électrique. Embarquez également une batterie de rechange, que vous pouvez louer. Cela vous évitera de tomber en panne au milieu de nulle part, à 45 km de la prochaine borne électrique. Identifiez les points de charge sur votre parcours, et rechargez systématiquement votre batterie chaque soir. Il existe aussi des Range extender, ou extensions de batterie, pour certaines marques. Plus légers à emporter qu’une batterie classique, ils vous permettent de rallonger sa durée de vie. N’oubliez pas que, comme n’importe quelle batterie, celle de votre vélo électrique se chouchoute : ne l’exposez pas au soleil et conservez un niveau de charge minimal de 30 % (50 % c’est mieux).

 

 

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8. Choisir des vêtements adaptés à la pratique du vélo

 

C’est-à-dire des cuissards renforcés sur l’assise, des tee-shirts perspirants, un coupe-vent imperméable, une veste polaire aussi pour contrer les températures frisquettes du petit matin et des chaussures confortables.

 

9. Prendre le temps de vivre et de regarder le paysage

 

En prenant en charge une partie de l’effort physique nécessaire pour le faire avancer, le vélo électrique vous libère l’esprit de certaines contraintes. Profitez-en pour observer ce qui se passe autour de vous, et multipliez les arrêts ; dans les restaurants pour goûter les spécialités locales, chez les artisans, dans les villes et villages que vous traversez. L’énergie que vous dépensez moins à pédaler sera ainsi réutilisée d’une manière différente. L’autre avantage est que vous ne serez pas trempé de sueur à chaque étape !

 

10. Prévoir du temps pour tout faire

 

Le vélo électrique permet de renouer avec l’art du vagabondage. En vous libérant du temps sur le parcours, en économisant vos forces, il vous autorise des plages de détente et de découverte plus importantes pour partir à la découverte des paysages et des résidents dans les régions traversées. Tenez-en compte lorsque vous établirez votre itinéraire.

 

 

Les avantages et limites d’un voyage avec un VAE

 

 

Les atouts du VAE

 

Le principal atout du vélo électrique est qu’il permet à tout le monde de partir se balader en vélo, y compris ceux qui ne sont pas des sportifs confirmés. Même sans entraînement, on peut prendre la route et réaliser des voyages sur plusieurs jours. Cette fois, c’est votre monture qui vous ménage en prenant le relais, notamment dans les côtes !

 

Ensuite, les avantages du vélo électrique rejoignent ceux du vélo et de la pratique cycliste en général. Rouler à bicyclette est excellent pour se maintenir en forme, entretenir ses muscles, son souffle et son cœur. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) affirme que 30 minutes de vélo par jour pourraient prolonger l’espérance de vie humaine de 8 années.

 

En ville, le vélo électrique remplace aisément la voiture pour se déplacer, avec un bilan carbone incontestablement plus bénéfique pour l’environnement. Il est plus facile de le stationner, et on évite les embouteillages.

 

Le vélo électrique est économique aussi : c’est l’un de ses principaux atouts. L’exemple souvent repris est qu’une voiture coûte environ 0,85 € d’essence par kilomètre (85 € les 1 000 km). Un vélo à assistance électrique, pour la même distance, ne dépense que 0,01 €, soit 1 € pour 1 000 km. Le calcul est vite fait… sur un trajet identique. En outre, le VAE est silencieux et ne vous impose aucune contrainte, ni démarche administrative : pas d’immatriculation, de carte grise, ni de contrôle technique requis.

 

Les limites du VAE

 

Si les multiples atouts du VAE plaident en faveur de son utilisation, ses limites existent. Le besoin fréquent de recharger sa batterie reste un inconvénient. Là où le vélo classique n’offre que liberté et autonomie, la possibilité d’aller loin sans dépendre de personne, le VAE, lui, exige de ses pratiquants une vigilance accrue. Chaque jour, il faut chercher, et trouver, une borne pour le recharger (rarement disponible en pleine nature sauvage). Au final, l’autonomie de la batterie, et le niveau de charge restant, peut déterminer la suite de votre parcours à la fin de la journée.

 

Autre point à considérer : le vélo électrique est souvent interdit dans les transports en commun, notamment dans les avions. Toute batterie rechargeable au lithium de plus de 100 W est interdite dans les soutes. La plupart des compagnies de bus le refusent également. De toutes façons, son poids est tel (25 kilos en moyenne) que le charger, dans un train par exemple, requiert une bonne dose de muscles dans les bras ainsi que la présence d’un support adapté et suffisamment solide.

 

Au final, entre avantages et inconvénients, il semblerait cependant qu’essayer un VAE, c’est souvent l’adopter. Comme en témoigne Olivier Godin, qui raconte ici son périple dans les Alpes avec un vélo à assistance électrique.

 

Il partage son expérience de voyage avec un VAE

 

 

« J’ai longtemps pensé que le vélo électrique était réservé à un usage urbain ou utilitaire. Puis, j’ai eu l’opportunité, dans le cadre de la rédaction de mon dernier livre, À vélo, d’en tester un en mode rando. Et j’ai été agréablement surpris. Les modèles récents conçus spécialement pour le touring, comme le Kalkhoff Entice 3.B Move que j’avais entre les mains, affichent d’excellentes performances en termes de confort, de puissance et surtout d’autonomie. Au cours de ma traversée des Alpes du Nord, entre Grenoble et le lac Léman, j’ai pu effacer des étapes de 85 km et de plus de 1500 m d'attitude sans que ma batterie ne se retrouve à plat.

 

Alors bien sûr, l’itinérance à vélo électrique exige un peu plus d’anticipation qu’au guidon d’un vélo traditionnel. Compliqué d’improviser un bivouac quand on reste dépendant, le soir venu, d’un point de recharge. Mais il est heureusement de plus en plus facile d’en dénicher un. Pour accompagner le développement du phénomène, les collectivités locales et les acteurs du tourisme multiplient les aménagements. On peut désormais se brancher dans certains offices de tourisme, dans de nombreux campings et même dans certains supermarchés. La marque Bosch, leader sur le marché, a, quant à elle, lancé son propre réseau de stations de recharge, sur la route des Grandes Alpes, notamment.

 

Pour ma part, avec le FastCharger de chez Bosch, ma batterie récupérait la moitié de son autonomie en un peu plus d’une heure de charge (3 heures pour une charge complète).

 

Si la pratique balbutie encore, la randonnée au long cours en vélo électrique me semble promise à un bel avenir. L’assistance électrique facilite l’accès aux terrains difficiles. En vélo électrique, les cols des Alpes s’ouvrent au plus grand nombre. Attention, toutefois, le moteur ne fait pas tout. Pour grimper, il faut fournir un effort, certes réduit, mais un effort tout de même. Si vous voulez durer, n’imaginez pas monter toutes les côtes en mode turbo ! ». Olivier Godin

 

 

Adrien Gillotin, chargé de développement commercial mais aussi et surtout passionné de VTT et de VéloVert (mon magazine préféré)

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*Source : www.velo-territoires.org